La ville de Rada’a tombe aux mains de militants armés
Plusieurs dizaines de militants armés, supposés être liés à Al-Qaïda, se sont emparés dimanche de la ville de Rada’a, dans la province d’Al-Baydah, à environ 170 kilomètres au sud-est de Sana’a. Le groupe composé d’environ 80 personnes aurait d’abord occupé la mosquée Al-Ameria, construite il y a 500 ans, puis la citadelle de la ville.
Les hommes du groupe Ansar al-Shariah, également supposés appartenir à la nébuleuse terroriste, s’étaient déjà emparés de plusieurs villes dans la province d’Abyan, dans le sud du pays en mai dernier. La prise de Rada’a augmente ainsi les craintes que ces militants renforcent leur emprise sur le territoire yéménite.
Toutefois, dès l’annonce de cette attaque, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un complot par le régime du président Saleh qui chercherait une nouvelle fois à utiliser la carte de la terreur pour tenter de renforcer son soutien international.
« Les forces de sécurité semblent avoir fait très peu pour empêcher les militants d’entrer à Rada’a », a déclaré à Reuters Yahya Abou Usba, vice-président du Parti socialiste yéménite. « Al-Qaïda pourrait ensuite prendre pour cible la province de Mareb, se rapprochant ainsi de Sana’a. »
Cette accusation semble trouver un écho parmi les résidents mêmes de Rada’a. « Je ne sais vraiment pas comment ils ont réussi à passer les checkpoints avec leurs armes et leurs lance-roquettes », se demande Yahya Al-Nusairi, Directeur du Bureau d’Architecture du gouvernorat, cité par le Yemen Times.
Des propos similaires avaient été prononcés lorsque la ville de Zinijbar, chef-lieu de la province d’Abyan était tombée. Beaucoup avaient ainsi affirmé que les forces de sécurité s’étaient volontairement retirées de la ville pour laisser le champ libre aux militants armés.
Plusieurs résidents affirment enfin que le groupe serait dirigé par Tariq Al-Dhabab, beau-frère de l’imam américano-yéménite Anwar Al-Awlaqi, tué par un drone de la CIA en octobre dernier.
Le Yemen Post ajoute que plusieurs tribus, sous la direction du sheikh Mohammed Al-Nosairi, prendraient part actuellement à des affrontements contre les militants extrémistes. L’état réel de la situation est toutefois incertain, les informations disponibles restant pour le moment très limitées.
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